Le licensing fait l’objet d’une littérature abondante, et de toutes les attentions des pouvoirs publics, tant il est consensuel qu’il peut permettre à une entreprise de se développer. Pardon, de générer des revenus supplémentaires.

 

 « Licensing », au sens large

Car c’est bien là que le langage est trompeur : concéder une licence génère des revenus, plus qu’elle ne développe à proprement parler une entreprise industrielle. Trompeur à telle enseigne que le langage commun assigne au mot licensing l’acception du licensing out, celui vu par le propriétaire d’une technologie, qui va essayer de trouver un prenant, un licencié, intéressé à l’exploiter.

Pour autant, l’approche inverse, par le licensing-in, l’acquisition de licence, a de multiples vertus au service de l’entreprise, qu’il peut être intéressant de présenter, et qui relèvent de trois natures essentielles :

  • ne pas contrefaire, et assurer la liberté d’exploitation de nos technologies,
  • ne pas réinventer l’eau tiède, en intégrant des technologies déjà présentes sur le marché,
  • grandir, en développant (et là, réellement) l’objet de notre entreprise et la portée de ses actions.

 

Ne pas contrefaire

Avouons-le clairement : quand un brevet gênant est identifié, notre premier réflexe est généralement de nous demander comment le « contourner ». Mauvais réflexe… Contourner prend plus de temps et d’énergie qu’aller tout droit : l’image est simplissime, mais a le mérite d’illustrer le désavantage de devoir en faire plus. Ce, pour un résultat qui restera entaché de suspicion, celle d’être encore « quelque part » contrefacteur.

A l’inverse, prendre licence auprès du détenteur tiers (sous réserve de son acceptation !) permet de s’affranchir du risque de contrefaire, de s’assurer de l’utilisation d’une technologie généralement déjà éprouvée, et de faire d’un concurrent potentiellement hostile un partenaire qui, cerise sur le gâteau, aura à sa charge d’éloigner nos autres concurrents, et les potentiels contrefacteurs !

 

Ne pas réinventer l’eau tiède

Les technologies ne sont plus de simples inventions : elles sont de véritables systèmes complexes, composés de briques diverses, plus ou moins essentielles ou discriminantes, faisant appel à des métiers de plus en plus variés.

Au-delà du risque de contrefaçon décrit ci-dessus, le développement de certaines de ces briques implique de redévelopper des produits ou process déjà existants, au prix d’une dépense significative et d’une perte de temps, pour un résultant probablement semblable.

Substituer à un programme de recherche une prise de licence devient pertinent pour aller vite, gageure de notre époque, pour maîtriser ses coûts par l’acquisition d’un bien déjà qualifié, et pour bénéficier de l’expertise d’un constructeur dont la brique concernée est dans son cœur de métier.

 

Grandir …

Ce principe étant acquis, allons plus loin : la réflexion initiale sur l’adjonction d’une activité nouvelle, le développement d’un nouveau produit ou l’implémentation d’un nouveau process peut être d’emblée orientée autour de la recherche d’un service, produit ou process déjà existant, et détenu par un tiers !

Les bases de brevets recèlent de petits bijoux qui ne demandent qu’à être pris en considération et exploités. Grandir se fait ainsi plus vite, de façon plus sûre, et avec des partenaires. Une chance qu’il faut saisir…

 

Licensing-in : merci !

Eh oui, le licensing-in est plein de qualités, plein d’opportunités, plein de projets en devenir. Merci à lui !